dimanche 30 septembre 2012

3 fois 2 ne font pas 6

Ce week-end les copines et moi, on s'est dit "Venez, génial! On va tous ensemble au Dumbo Art Festival et on passe la journée là bas!" La classe! 
Avoue, ça te donne envie. 
Bin oui, super alléchant. Plein d'oeuvres d'art, de performances et même de la danse dans ce quartier truffé de belles vues qu'est Dumbo (si t'as pas suivi, tu peux aller voir par ).
Passer la journée à déambuler, se laisser surprendre, s'arrêter contempler, repartir... Profiter quoi!




T'auras remarqué aussi que la bonne nouvelle c'est que j'ai des copines. 
La mauvaise c'est que les copines elles ont AUSSI des nains. 
En même temps, ok, je peux pas leur en vouloir pour ça.

J'ai toujours été assez moyenne en math. Je suis passée de "ça va" dans les p'tites classes à "là ça craint" au lycée. Malgré tout, quand il s'agit d'additions de base (genre 2 + 2) ou de multiplications pour les nazes j'y arrive.
Genre je SAIS que 3 fois 2 ça fait 6.


J'ai découvert ce week-end que c'est rien que des conneries ce qu'on te raconte à l'école. Non, je mens, c'est vrai avec les pommes. Par exemple: 3 fois 2 pommes, on est bien d'accord, ça fait 6 pommes.
Et ben crois moi, avec les nains ça marche pas. 3 fois 2 nains, ça fait pas 6 nains. Ça fait quelque chose aux alentours de 9 ou 10 nains. Cherche pas. Le nain est une espèce qui défie toutes les lois de la nature. 
Nous n'avons donc pas passé la journée avec 3 fois 2 nains mais avec selon les moments entre 8 et 14 nains. Et sache que si le nain a faim il en vaut 2 mais 2 nains qui ont faim n'en valent pas 4. 
Ouais, je sais c'est galère. 

Donc, adieu promenade artistique à travers les rues et les ateliers du quartiers. Vive les "vas y fais voir le programme, c'est où les trucs spécial nains?". 


Ce qui est chouette c'est que le nain aime l'art. C'est indéniable. Est-ce que l'artiste aime le nain... C'est une autre histoire.


Nous avons découvert aussi que le nain surkiffe la danse.


Ce qui a provoqué un phénomène mathématique assez rare. A cet instant précis 3 fois 2 nains font exactement 6 nains. Retiens ta respiration et profite. L'évènement est fugace et ne se reproduira plus. Je suis d'ailleurs assez fière d'avoir pu immortaliser cet instant de joie et de plénitude.

 

Ceci dit regarde, même Superwoman est en galère. Du coup je comprend pourquoi nous, pauvres humaines, on en chie autant!


mercredi 12 septembre 2012

Y'a des jours comme ça...

Y'a des jours comme ça, des jours comme l'autre jour où j'en ai super marre de "oooooooh loooooooooook at you!!!! she iiiiiiiiiiiis soooooooooooooo cuuuuuuuuuuuuute!" (je le sais va qu'elle est trop cute ma fille).
Des jours où j'en ai plein le cul d'avoir peur de voir des rats en balayant furtivement du regard les rails, et d'en voir quand même.
Évidemment ces jours là j'en peux plus de pas faire de bouffe le samedi soir chez les copains en buvant du bordeaux (ou du bourgogne, j'suis pas sectaire).
Ces jours où les ongles fluos me hérissent le poil, les cheveux lisses me filent la gerbe et les sac vuitton me rendent maboule.
Des jours où "succesfull, carreer, hapiness" me donnent l'impression d'être une moins que rien.
Des jours où je me surprend à me demander si le gars à côté de moi a un flingue dans sa poche et rien que de pouvoir me poser la question me file la chair de poule.
Des jours où je deviens tarée en voyant les pubs vantant les mérites des cabinets d'avocats qui te promettent un max de blé si tu portes plainte contre, au choix, ton toubib, ton prof, ton gynéco, ta voisine, ta mémé...
Ces jours là je me demande si l'énergie qu'elle te pompe cette ville c'est pour te la rendre un peu plus tard ou bien si c'est mort, c'est cadeau.

Des jours où cette ville me mange toute crue.


merci Bell's pour la photo


Et puis y'a des jours comme aujourd'hui.

Des jours où je tourne la tête quand le métro devient aérien et juste là comme ça en passant j'aperçois la Dame avec sa flamme et ça me paraît incroyable.
Des jours où tenir nonchalamment un sac en papier marron avec rien marqué dessus me remplit d'allégresse. Et si en plus dans le sac y'a un café... alors...
Des jours où je trouve qu'un bon bouquin sur un banc de Washington Square Park c'est le paradis.
Des jours où je me rends compte que je n'ai qu'à lever un peu la tête pour me la faire tourner.
Des jours où j'aime bien quand le vieux monsieur d'à côté me dis que mes enfants sont si beaux et qu'il parle un peu français "bonnnjouuuur, comment sssa va, j'aime laa frwance" et que pour finir il se lance dans un grand monologue sur sa vie (longue sa vie) dont je ne chope que quelques bribes en souriant.
Des jours où je m'aperçois que la nana de la poste a les bras entièrement tatoués et un piercing sur la langue et que ça ne gêne absolument personne ici.
Des jours où New-York m'accueille les bras ouverts.

mercredi 29 août 2012

La rentrée... ou la danse de la joie!

Je me souviens de cette époque pas si lointaine où le mois de septembre était pour moi synonyme de rentrée des classes avec tous les sentiments qui vont avec: excitation, envie, attente, peur, inquiétude.
Aussi loin que je me souvienne j'ai toujours adoré la rentrée.



Je ne savais pas à l'époque (merci papa) quelle galère une rentrée pouvait être pour les parents.
Même si, dans notre bonne mère-patrie, le début des hostilités ne commence franchement qu'en 6ème.
Rappelle toi la "liste de fournitures" longue de 12 pages comprenant des objets aussi incongrus (oserais-je inutile?) qu'un "pinceau brosse à tamponner" (je me rappelle bien avoir fait une oeuvre de toute beauté avec ce pinceau) ou une "équerre géométrique". Moi avant, je croyais qu'une équerre ben c'était forcément géométrique. Que nenni! Je crois qu'à l'époque, on a mis au moins 1 semaine à trouver ce que c'était (rigole pas, Google existait pas encore quand je rentrais en 6ème), une autre semaine à trouver où l'acheter (pas facile le Var) pour finalement devoir la commander à la papeterie/librairie/maison de la presse du bled. J'te dis pas comme j'étais fière en arrivant au collège avec ma super équerre. 
C'était la 6ème... On a quel âge en 6ème? 11, 12 ans non?

Bon, ben chez nous le nain n'a pas encore 4 ans. Il doit rentrer en Pre-Kindergaten (l'équivalent pour toi de la moyenne section de maternelle). Et les hostilités ont commencé y'a un bail déjà...

Petit rappel des faits: 
L'aîné de notre progéniture adorée est entré en petite section de maternelle (ou son équivalent) dans une école publique à Madrid. Ça, c'était l'année dernière. Il y est resté 4 mois puisque l'appel de la Grosse Pomme a été plus forte que tous les préceptes logiques à une bonne éducation et que nous sommes arrivés tranquilou bilou à New-York début février. J'avais déjà à ce moment là laissé tomber le fait qu'il puisse intégrer une école en cours d'année (mais j'y ai carrément cru à une période... et là les parents new yorkais se foutent grave de ma gueule genre "mais quelle quiche! ça lui a vraiment traversé l'esprit! hahaha"). Par contre, on se disait que notre chérubin d'amour allait quand même avoir besoin d'apprendre quelques trucs et que sa maman chérie allait avoir besoin de poser son cul sur le canapé 3 secondes. Et que du coup c'était super clair qu'en septembre prochain (c'est à dire maintenant) il irait à l'école.

Alors, bon, il va y aller à l'école. La rentrée c'est dans 1 semaine tout pile poil. Mais ça n'a pas été aussi évident que ça devrait l'être. Et on a frôlé la catastrophe plusieurs fois (la catastrophe étant:"ok c'est bon ça va, je vais lui apprendre moi même à faire des gommettes")

D'abord, ben on a postulé dans une école privée très très chère (en comptant grave sur une bourse de l'état français. Ouais cherche pas, pour les français y'a des bourses ici). On s'est dit: "ben c'est une école privée très très chère, franchement, devrais pas y avoir de problème." Tu parles. Quand la directrice de l'établissement nous a reçu, au bout de 4 minutes on savait que c'était mort. Je sais pas... On devait pas correspondre.

Du coup, en mars on a postulé pour une place dans le public. L'école ici ne commençant vraiment qu'à 5 ans (grande section chez toi), si ton môme a le malheur de n'avoir que presque-4-ans, c'est au p'tit bonheur la chance le fait d'avoir une place.
Bon, on n'en a pas eu de la chance... Pas de place... Ça c'était en juin...Imagine toi bien que trouver une place de pre-K le 10 juin relève de la magie. 

On l'a fait (en vrai la magicienne s'appelle Nath). Alors ok c'est une école catho. Ok le nain n'est même pas baptisé, ni sa pauvre mère d'ailleurs (heureusement mon cher et tendre qui, lui, a fait sa confirmation rattrape toute cette bande de mécréants). Mais dans une semaine tout pile poil, il rentre à l'école! Alors moi que ce soit catho ou je ne sais quoi, je m'en tamponne. LE NAIN VA A L'ÉCOLE! Et ça c'est bonheur absolu pour tout le monde: pour le nain et pour ma pomme!

© LIDO / SIPA

Du coup cette semaine, en plus de faire la danse de la joie environ toutes les 2h00, j'essaye de dégotter toutes les choses nécessaires au nain pour rentrer à l'école: 3 uniformes différents (automne/printemps, hiver et sport), des ch'tites étiquettes pour qu'on n'y pique pas toutes ces belles affaires que je me casse le cul à trouver, et une lunch box avec le nécessaire à l'intérieur.
 Alors quand tu penses que dans cet emploi du temps faut que je case des révisions du cathé, tu t'imagines bien que la rentrée pour les parents ici, c'est limite de la compèt!